Crise économique de 2008 aux Etats-Unis: causes-conséquences-solutions

Par Olivia Pouani

D’après le dictionnaire de politique Toupie, la crise économique se définit comme une dégradation brutale de la situation économique d’un pays ou d’une zone économique, conséquence d’un décalage entre la production et la consommation. Elle se traduit par une forte augmentation du chômage, par une baisse du PIB, un accroissement du nombre de faillites et une réduction du pouvoir d’achat.

La crise économique de 1929 a été l’une des plus graves de l’histoire récente, mais celle qui nous intéresse particulièrement est la crise économique de 2008, qui a semblé avoir presque la même gravité que celle de 1929. Le présent article vise à faire part de ses causes et de ses conséquences, précisément aux États-Unis et au Canada, et finalement de voir quelles seraient les issues potentielles.

La crise économique de 2008 est due à la crise des subprimes ; il s’agit de titres hypothécaires à haut risque. En effet, aux États-Unis, les créanciers ont fait des prêts sans une certaine garantie que les emprunteurs détiennent la capacité financière de rembourser leurs dettes. Au moment où la crise se déclenche, l’endettement des ménages entraine alors des faillites puis la baisse du prix des maisons faisant suite aux nombreuses saisies. Les conséquences de cette crise désastreuse se sont fait sentir à travers toute l’économie mondiale.

Aux États-Unis, premier pays touché par la crise, on a justement assisté à partir de 2007 à la baisse du financement des organismes de prêts hypothécaires causée par le risque sur le marché. Par ailleurs, les banques deviennent dès lors méfiantes, les unes aux autres. Aussitôt, elles se mettent à pratiquer des taux très élevés en raison des emprunteurs à risque. En 2008, la situation se détériore encore plus par une accentuation du phénomène, car plusieurs institutions financières déclarent faillite et se retrouvent rachetées par leur État respectif. L’État fédéral américain nationalise ainsi deux de ces institutions bancaires de grande envergure gravement fragilisées en train de s’effondrer comme sont Fannie Mae et Freddie Mac. Et pour cause, elles détiennent à elles seules une large part du crédit immobilier aux États-Unis et connaissent durant cette période des pertes considérables. On assiste, par ailleurs, à un licenciement de près de 103 000 employés du secteur financier au début de 2008 aux États-Unis. Entre temps, l’État américain a refusé de sauver la banque d’investissement Lehman Brothers sous prétexte qu’elle détenait des actifs troublés. Ce refus sera l’objet de sa faillite. Du côté de la consommation, le monde de l’automobile voit ses ventes chuter.

Au Canada, on remarque notamment que les conséquences sont moins drastiques que celles remarquées aux États-Unis. L’état du marché immobilier canadien est différent de celui des États-Unis. Au Canada, lors de l’achat d’une propriété avant la crise, d’après le blogueur minarchiste, « toute hypothèque avec un ratio d’endettement supérieur à 80% devait être assurée auprès de la SCHL aux frais de l’emprunteur, ce qui décourageait cette pratique ».

Par ailleurs, le resserrement des conditions de crédit, dû en partie au climat d’incertitude, entraine une évolution moins importante des dépenses de consommation et d’investissement. Ainsi, en Ontario, par exemple, le secteur de la fabrication est fortement touché par la baisse de l’économie américaine et mondiale et les consommateurs ontariens réduisent leurs dépenses en biens durables.

Finalement, la baisse des exportations canadiennes est due à la baisse de la demande américaine et mondiale en ce qui concerne les matières premières, précisément l’énergie. Devant toutes ces conséquences, les gouvernements des États-Unis et du Canada tentent tant bien que mal de remédier à cette récession.

Les solutions envisageables au Canada sont nombreuses vu que sa situation est moins déplorable. Le Canada, comparativement aux États-Unis, a limité la titrisation et son système de régulation et de surveillance semble particulièrement strict, vigilant et alerte, ce qui a produit des effets positifs. En outre, l’achat par l’État des titres hypothécaires procurerait des fonds à long terme aux institutions financières. Finalement, les programmes d’investissements en infrastructures du gouvernement du Québec, de l’Ontario et des autres provinces ont pu relancer l’économie. Sinon, en cas de récession majeure, l’intensification des travaux publics, le programme de soutien sectoriel ciblé ou l’injection d’aide d’urgence aux ménages deviendraient aussi des solutions envisageables.

Concernant la situation des États-Unis, les solutions demeurent moindres. On pourrait mentionner par exemple la production du chasseur-bombardier F-22 Raptor, dont la production est réduite à 187 exemplaires, permettant une épargne de 1,75 milliard pour l’État. Un plan de soutien financier de près de 1000 milliards de dollars et la quasi-nationalisation des secteurs bancaire et automobile a aussi eu lieu. Finalement, d’autres solutions pourraient être de réduire le surendettement en matière de cartes bancaires ou d’empêcher le développement des spéculations incontrôlées. Aussi, d’après Paul Krugman, « prix Nobel d’économie » de 2008, il serait plus utile de faire de nouvelles émissions monétaires pour aider à reconstruire le tissu industriel.

En 2011, les effets de la crise pèsent toujours sur les marchés mondiaux, comme on peut le voir avec la chute récente des marchés boursiers. Les États-Unis, qui constituent le pilier de l’économie mondiale, en sont la principale cause avec la dégradation de leur note de crédit; celle-ci ayant passé de triple « A » à double « A »+. Cependant, la situation semble s’améliorer de plus en plus au Canada qui bénéficie d’un système bancaire plus solide et d’un gouvernement qui demeure beaucoup plus prévoyant dans sa gestion financière que son voisin américain.

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4 Responses to Crise économique de 2008 aux Etats-Unis: causes-conséquences-solutions

  1. Olivia says:

    Salut tout le monde, je viens de relire mon article et je l’aime vraiment! Je dois dire que ça me redonne envie d’écrire un autre article! Faire partie des rédacteurs du journal ” Horizons économiques ” était une belle expérience ! J’encourage vivement d’autres personnes à se lancer! N’ayez pas peur de vous tromper ,c’est à force de se tromper que l’on apprend et on s’améliore surtout!

  2. Olivia says:

    J’oubliais surtout avec un bon correcteur comme Martin Saint-Denis , n’hésitez pas à rédiger des articles car c’est lui qui a apporté les modifications finales à mon article!

  3. Martin St-Denis says:

    Merci Olivia du compliment!

  4. Denis Bénard says:

    Pourquoi votre site mêle-t-il le français et l’anglais? Un bon article, en bon français, mais ci-dessous un «Post Comment», en bon anglais! Sans oublier le «Responses» ou le «Leave a Reply».

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